Rencontres territoriales AGORES – Saint-Denis

Mercredi 11 février, le RNFP est intervenu lors des rencontres territoriales restauration collective organisée par AGORES à Saint-Denis. Merci Maxime CORDIER pour l’invitation ! Villejuif a partagé la scène et a permis de compléter cette intervention avec la présentation de sa ferme publique « Les Frémis » par Cindy Delvoye (directrice de projet Transition Écologique) !

Au-delà de la présentation du réseau et de ses actions, la demande qui nous avait été faite était de prendre position et de répondre à une tribune malheureuse qui s’inquiétait de la concurrence des fermes publiques avec le secteur privé et du prétendu respect du code général des collectivités territoriales (CGCT), sans forcément s’être enquise au préalable de la réalité du terrain ou de la solidité des objections soulevées.

➡️ Les projets de fermes publiques, généralement intégrés à des Projets alimentaires territoriaux (PAT), s’articulent dans tous les cas avec des politiques de soutien très fortes envers le monde agricole. Les fermes publiques constituent par ailleurs une occasion extraordinaire pour les élu·es et technicien·nes de prendre à bras le corps les questions agricoles et alimentaires sur leurs territoires : ce n’est donc pas une surprise si ces élu·es et technicien·nes sont parmi les mieux capables de répondre aux enjeux et aux urgences que ces questions laissent dans leurs sillages. A l’heure où beaucoup d’agriculteurs et d’agricultrices sont en grande souffrance et face à l’urgence de la situation, quand des collectivités publiques engagées interviennent, proposent à une minorité de maraîcher·es volontaires et disponibles un statut protecteur, un revenu décent et une mission d’intérêt général qui permet de les reconnecter avec la population locale : quel poids accorder à l’obsession pour la pureté fictive de la concurrence privée ? Pour rappel, d’après le rapport « L’injuste prix de notre alimentation » réalisé par I4CE et le BASIC, on dépense 48 milliards d’argent public pour soutenir le système alimentaire tel qu’il est actuellement (+ 19 milliards pour compenser les externalités négatives en termes d’environnement et de santé).

➡️ Si les fermes publiques sont effectivement de véritables innovations et bousculent par-là certaines normes, les collectivités qui portent ces projets respectent bien entendu la loi et sont même parmi les plus en phase avec les obligations et devoirs qui leur incombent relativement aux lois EGalim. A noter que le CGCT n’est pas aussi clair et prohibitif qu’on le laisse parfois penser : il existe des marges d’interprétation favorables aux collectivités qui leur permettent de mettre en œuvre des politiques publiques engagées de manière cohérente et en toute légalité. Merci sur ce dernier point au Dr. Kamel El Hilali pour sa collaboration précieuse.

Arthur G
Arthur G
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